CONGO. Crédits, harcelements policiers, fiscaux, l'entrepreneur Gaytan NZALABAKA se suicide

CONGO. Crédits, harcelements policiers, fiscaux, l'entrepreneur Gaytan NZALABAKA se suicide

L'émotion est grande dans le milieu des entrepreneurs congolais et sur les réseaux réseaux sociaux. Le suicide de Gaytan Nzalabaka, patron du restaurant "L'Espace Grilladin" à Brazzaville vient rappeler au grand public les difficultés auxquelles de nombreux entrepreneurs congolais sont confrontés face à une administration vorace.

La crise, les dettes, le harcèlement policier et fiscal...Il n'a pas résisté !

Il ne supportait plus la pression depuis que les locaux de son restaurant avaient été détruits pas la police au mois de septembre dernier, comme le témoigne le reportage réalisé par la chaîne privée Vox Congo. "Le patron de Grillardin, une starup de restauration implantée au virage Maya Maya, est décédé mardi au CHU de Brazzaville, après avoir consommé une forte quantité de produits contre les souris" écrit Arsène Séverin, Directeur de Vox Congo qui a bien connu et aidé le défunt dans ses démarches.
Dans un post édifiant sur son profil Facebook, Arsène Sévérin détaille la descente aux enfers de Gaytan Nzalabaka.
 
"Le jeune entrepreneur n'a pas résisté au poids des prêts contractés auprès des banques, l'équivalent de 10 millions de francs CFA aux MUCODEC et CONFINA, réunies. Et pourtant, le processus de remboursement était en cours, environ 140.000 francs CFA par semaine! Le jeune patron avait à charge une dizaine de salariés qu'il n'avait plus payés depuis deux mois. A cela s'est ajouté un terrible harcèlement des agents de police qui tenaient à le déguerpir du bord du goudron, boulevard Denis Sassou N'Guesso, où il avait fidélisé depuis quelques années déjà une importante clientèle" témoigne t-il.
 
"Ses déboires ont commencé lorsqu'il a été visité par une patrouille de la police, le sommant de déguerpir, pour occupant anarchique. Mais, le jeune entrepreneur opposait à cette opération un document de la mairie de centrale lui donnant droit de s'y installer. bEt il payait des taxes. Récemment d'ailleurs, il a avancé 30.000 francs CFA au bureau des impôts de Bacongo, sur les 130.000 qui lui ont été demandés" explique Arsène Sévérin . "Dans ses déboires, je l'ai reçu deux fois dans mon bureau pour discuter de cette affaire. Je l'avais mis au contact avec un haut cadre du ministère des Petites et moyennes entreprises qui avait accepté de suivre son dossier. Apparemment tout était rentré dans l'ordre.nUne autre autorité avait intercédé en sa faveur afin que la police ne repasse plus le harceler", poursuit-il. "Mais lui n'a pas retrouvé ses esprits. Le choc a été top grand. Il a même fait une crise de nerfs et a passé deux semaines au service psychiatrique du CHU (Kabano). Le médecin traitant l'avait soumis à une période d'hospitalisation de trois mois. Hélas!" conclut le journaliste.
 
L'auto emploi est un sacerdoce au Congo. Les jeunes qui se battent sont vite étouffés ou tués dans l'œuf, faute de moyens pour faire face aux taxes surdimensionnées.
Paix à son âme, un jeune courageux qui aurait essayé de se trouver une solution au chômage qui ronge la jeunesse congolaise, mais aussi de donner de l'emploi à quelques-uns de ces jeunes.
 

Emotions sur les réseaux sociaux

#Un_vaillant_entreprneur_est_parti.
"C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que j’apprends ta disparition cher ami Gaeton, alors qu’Il y a quelques mois tu m’avais appelé pour une situation que je devais gérer.
Je n’oublierais jamais le jour où tu m’as raconté ton histoire: de la France au Congo, du petit vendeur de poulet passionné au patron d’un restaurant célèbre.
Repose en paix cher entrepreneur. Tu es un modèle de réussite
— triste." Dexter Trésor OMONO
 
 
 
Avec
@Arsène SEVERIN