JUSTICE. Comment la Suisse a livré Lucien Ebata, à la justice française

JUSTICE. Comment la Suisse a livré Lucien Ebata, à la justice française

Le Golden Boy congolais Lucien Ebata, trader de son état, patron de Orion Oil est depuis quelques mois dans la nasse de la justice française. Lucien Ebata est accusé de "corruption" et de "blanchiment" par la justice française qui l'a mis en examen en octobre dernier. La justice française n'aurait pu mettre en examen Lucien Ebata n'eut été la dextérité de la justice helvétique qui a donné à la France les informations sensibles concernant les activités de Lucien Ebata.

Coopération Suisse

Considéré comme le paradis des truands au col blanc, la Suisse essaie de laver son image tant bien que mal, en coopérant avec les justices internationales. C'est ce qu'elle a fait avec la justice française à propos de Lucien Ebata. Dès 2015, la justice Suisse passe à l'offensive et commence à épulcher le dossier Orion Oil, société de trading pétrolier installée à Chavannes-de-Bogis dans le canton de Vaud en Suisse. C'est l'associé de Lucien Ebata le français Philippe C. homme de confiance de DSN  qui va dès avril 2015 ouvrir le bal des interrogatoires "devant le procureur Brent Holtkamp et sa suppléante Sophie Chofflon Pointet", rapporte le journal Suisse Le Temps.

Alors que la justice française avait entendu Lucien Ebata en 2012 lorsqu'il avait été pris à Roissy avec une valise contenant 182.000 euros en liquide, elle ne disposait pas d'assez d'éléments pour inculper le trader congolais de "blanchiment". C'est de la Suisse que les informations importantes sont venues. La coopération judiciaire a tellement bien fonctionné au point que les Suisses ont livré aux français l'essentiel de leurs enquêtes. Les enquêteurs Suisse avaient réussi à faire un lien entre les transactions de la société Orion Oil exécutées par Philippe C. et la famille présidentielle congolaise qui en était la principale bénéficiaire.

Pour les enquêteurs français aidés par leurs collègues suisses, d'importantes sommes d'argent en liquide sortis des comptes d'Orion Oil auraient servi à l'acquisition de biens immobiliers pour le compte de DSN. La Suisse aurait donc selon les enquêteurs servi de plaque tournante. Selon William Bourdon, avocat parisien de Transparency international, interrogé par Le Temps, «la preuve est apportée aujourd’hui que sans le concours, l’engineering d’un certain nombre d’acteurs en Suisse, une partie des détournements du clan Sassou n’auraient pas été possibles».

 

Vouda NGANOU