PANDORA PAPERS. Dénis Sassou Nguesso, Empereur et Roi de l'évasion fiscale

PANDORA PAPERS. Dénis Sassou Nguesso, Empereur et Roi de l'évasion fiscale

"Pandora Papers", un énième scandale international qui éclabousse une fois de plus le pouvoir de Brazzaville. D'après l'enquête des journalistes Jean-Baptiste Chastand , Anne Michel , Jérémie Baruch , Maxime Vaudano avec l'appui de ICIJ, le président congolais avait mis en place en 1998, soit une année après son retour au pouvoir par les armes, une entreprise offshore, pour échapper au fisc congolais.

DSN le boss

A Brazzaville, personne ne veut se prononcer sur l'implication du président Dénis Sassou Nguesso, que les présidents Alassane Ouatarra et Alpha Condé avaient surnommé l'Empereur, dans le scandale "Pandora Papers". Pendant ce temps, la presse internationale se donne à coeur joie de rappeler que DSN et ses proches sont déjà cités dans d'autres scandales comme les "Panama Papers" et les "Biens mal acquis" en France.

D'après les documents mis à jour dans le cadre des "Pandora Papers", on peut remarquer que dès la première année de son retour au pouvoir par les armes, le nouvel homme fort de Brazzaville avait créé une société offshore "Inter African Invested Limited" qu'il allait faire enregistrer aux Iles Vierges Britanniques (BVI) le 28 août 1998 par un cabinet spécialisé. 

"Inter African Invested" a été dissoute après le scandale des "Panama Papers". 20 ans durant, la société a bénéficié pour ses flux financiers des facilités de l'agence londonienne de la Banque Espirito Santo dont la filiale BESCO (Banque Espirito Santo Congo) était installée à Brazzaville jusqu'au début de cette année. La Banque Espirito Santo a cessé officiellement ses activités de crédit au Congo le 22 janvier 2021, selon l' "Arrêté n° 107 du 22/01/21 portant retrait de l'agrément de la Banque Espirito Santo Congo, en qualité d'établissement de crédit" signé par l'ancien ministre des finances Calixte Nganongo.  Rappelons qu'en juin 2012, BESCO avait approuvé une augmentation de son capital social lors d'une assemblée générale à Lisbonne, ce qui avait amené l' État congolais à acquérir 33,3% des actions; une autre augmentation de capital a conduit l'Etat à renforcer sa position à 50%, jusqu'au retrait de l'agrément. 

Sociétés écrans et gros business au Congo

En feuillant les documents des "Pandora Papers", on découvre aussi que le président congolais qui cumule près de 40 ans au pouvoir a bénéficié des conseils des plus grands cabinets juridiques installés dans les paradis fiscaux comme "FidElite en Suisse, Monssak Fonseca au Panama. Ces conseils ont permis à DSN de "structurer son montage offshore lui permettant de détenir dans le plus grand secret une seconde société dénommée Ecoplan Finance Ltd" dont la gestion était assurée par sa fille Julienne Nguesso (Joujou), affirme le journal français Le Monde qui a eu accès aux documents des "Pandora Papers". Il est aussi à noter que Ecoplan est l'actionnaire majoritaire de la société ESCOM Congo, spécialisée dans le BTP et dans les mines de diamant. D'après des extraits du Journal officiel du Congo, depuis le 5 mars 2007, la société ESCOM CONGO dont le chiffre d'affaire annuel est évalué à 150 millions d'euros, exploite une mine de diamants alluvionnaires dit « bérandjoko » dans le département de la Likouala. 

Vouda NGANOU